La situation devient-elle critique? Pourquoi l’inégalité contribue-t-elle à l’essor du populisme de droite? Et peut-on envisager une société sans classes?

Le fossé se creuse
Editorial de Katharina Wehrli, corédactrice en cheffe de moneta
Les douze personnes les plus riches du monde possèdent davantage que la moitié la moins fortunée de l’humanité: voilà le constat choquant auquel parvient une récente étude publiée par l’organisation caritative Oxfam. Elle s’inscrit dans une série de rapports actuels qui montrent tous que les inégalités économiques s’aggravent à l’échelle mondiale comme à l’intérieur des différents pays. À quoi faut-il s’attendre quand le fossé entre pauvres et riches s’approfondit? Quelles conséquences politiques cela entraîne-t-il? Pourquoi les disparités propulsent-elles les populistes de droite au pouvoir? Une société sans classes et sans inégalités pourrait-elle exister? Ces questions et une foule d’autres sur les inégalités sont au cœur de ce numéro de moneta.
Nous nous intéressons par ailleurs à l’égalité: depuis la Révolution française, il y a plus de deux siècles, «liberté, égalité, fraternité» forment le socle des sociétés modernes et démocratiques. Ces dernières décennies, il a beaucoup été question de liberté, tandis que le concept d’égalité a quasiment disparu des débats publics. Quelle est sa signification actuelle? Comment le renforcer, en particulier face à la montée du populisme de droite? Voilà ce que nous avons demandé à la philosophe Jule Govrin, qui a élaboré une théorie de l’égalité radicale.
J’espère que vous trouverez de nombreuses informations intéressantes dans ce numéro de moneta ainsi que dans son édition en ligne: nous y examinons, par exemple, l’action réelle de la Suisse en vue de réduire les inégalités à l’échelle mondiale comme dans ses frontières. Je vous recommande la lecture du portrait de Christian Tschannen par Esther Banz: enfant, cet homme a été placé dans une famille d’accueil. Exploité et maltraité, il subit encore les conséquences de ces actes. Son histoire bouleversante montre que même en Suisse, un énorme fossé peut séparer les riches des pauvres, les gens puissants de ceux qui sont sans défense.
Le numéro complet de moneta « L'eau » est disponible ici.
A propos de moneta
Pour faire connaître les principes de l’activité bancaire fondée sur des valeurs, la Banque Alternative Suisse édite une revue indépendante et destinée au public: moneta, le journal pour un usage différent de l’argent.
moneta paraît trois fois par an en français et en allemand, sous forme imprimée et en ligne. Le journal est édité par la Banque Alternative Suisse et animé par une rédaction indépendante.
Les articles ne reflètent pas nécessairement le point de vue de la BAS, sauf dans les «Articles de la BAS» ou encore dans des encadrés de commentaires spécifiquement désignés comme complément d'un texte journalistique.
moneta dévoile les manifestations du cycle de l’argent, en mettant l’accent sur son impact dans l’économie et la société. Le journal présente des formes innovantes d’activités économiques, respectueuses des personnes et de l’environnement. Il est un forum d’idées et de projets alternatifs. moneta prend aussi position sur des questions de politiques financière et économique. Il met en évidence les corrélations économiques.
Vous trouverez ici tous les numéros de «moneta» depuis l'année 2015.
Vous pouvez vous abonner à la newsletter ici.
Pour en savoir plus sur la rédaction, cliquez ici.